YU-ICHI INOUE : La calligraphie libérée


Bonjour chers lecteurs amateurs de belles écritures,

Aujourd’hui, je vous propose une petite visite de l’exposition sur le calligraphe YU-ICHI INOUE : La calligraphie libérée, qui se tient en ce moment à la maison de la culture du Japon à Paris, dans le cadre de l’évènement Japonisme 2018.

« Le calligraphe Yu-ichi Inoue est l’un des représentants les plus créatifs de l’avant-garde artistique du Japon de l’après-guerre. Transcendant les conventions et les règles traditionnelles, il érigea la calligraphie au rang d’art contemporain. Cette première rétrospective en France réunit 76 œuvres caractéristiques des différentes périodes de sa carrière. Immersion dans un univers monochrome aux formes étonnamment riches et multiples.

Dès les années 50, Yu-ichi Inoue explore des territoires inexplorés de la calligraphie et crée ses premières œuvres constituées d’un seul caractère (ichijisho). Au cours de sa vie, il en produira inlassablement une multitude. Aujourd’hui encore, il est avant tout connu pour ces grands idéogrammes tracés dans des styles évoluant au fil des ans. Ai (Amour), Hana (Fleur) et Hin (Dénuement) figurent parmi ceux qu’il affectionnait le plus. Durant les années 60 et 70, Inoue expérimente divers matériaux et techniques : collage de papier journal, encres plus ou moins diluées, encre gelée, caractères sortant délibérément de la surface de la feuille… Parallèlement aux ichijisho, Inoue n’a cessé de réaliser des œuvres composées de multiples caractères. Dans l’impressionnant Ah École nationale de Yokokawa (1978), il dénonce avec rage l’absurdité de la guerre en relatant le bombardement en 1945 de l’école où il enseignait. En 1979, une cirrhose du foie lui est diagnostiquée. Paradoxalement, les années jusqu’à sa mort en 1985 sont les plus productives de sa carrière, et beaucoup de ses chefs-d’œuvre datent de cette période. Alors que la maladie fait décliner ses forces, il réalise plusieurs kotobagaki (« écriture des mots ») à la mine de plomb, au crayon Conté et au fusain. Avec une énergie féroce, il calligraphie un célèbre conte pour enfants de Kenji Miyazawa (1896-1933), Les ours de la montagne Nametoko. Dans cette œuvre monumentale qui est généralement considérée comme sa dernière, le texte se déploie sur 14 mètres de long. Jusqu’à ses derniers jours, Yu-ichi Inoue aura « libéré la calligraphie ». »

Les œuvres proposés dans le cadre de cette exposition sont toutes différentes et intéressantes. En particulier, si vous lisez un peu le Japonais, il est vraiment intéressant d’essayer de comprendre les caractères tracés. On peut clairement voir l’ordre des traits qui ont été peint, ce qui peut donner des indices sur la lecture de certains caractères. On ressent également la force, l’énergie et l’émotion de l’artiste dans chaque trait de chaque caractère.

Néanmoins, à moins d’être japonais, il est très difficile de lire les kanjis (caractères japonais importé de chine). Les Hiragana et Katakana (syllabaire japonais) sont quant à eux plus facile à lire. Les œuvres basés sur des déclinaisons d’un même kanji sont vraiment impressionnante et permettent de se rendre compte de la maitrise du maitre dans son domaine.

La mise en avant des œuvres est également très bien faite. Les lumières douces de la salle permettent d’admirer les œuvres dans les meilleures conditions. Enfin, les œuvres (caractère, poème, récit calligraphié) sont également traduites en français et permettent de vraiment d’apprécier chaque calligraphie.

Si vous ne passez pas loin de la maison de la culture du Japon à Paris, je vous recommande d’aller voir cette exposition. Elle sera ouverte jusqu’au 15 septembre, alors ne manquez pas cette occasion. De plus, le droit d’entrée n’est que de 5 euros. Cela serait dommage de la rater !

 

Maison de la culture du japon à Paris
Du 14 juillet au 15 septembre 2018
Salle d’exposition (niveau 2)
mardi-samedi > 12h-20h

 


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