Blade of the Immortal


Disponible depuis déjà quelques années sur Netflix, j’ai eu une envie de film de samouraï et je me suis donc lancé récemment dans le visionnage du film Blade of the Immortal (無限の住人, Mugen no jūnin), réalisé par le japonais Takashi Miike. Il est l’adaptation du manga L’Habitant de l’infini (無限の住人, Mugen no jūnin) de Hiroaki Samura.

L’histoire prend place dans un Japon féodal. Manji (Takuya Kimura) est un samouraï déchu après avoir tué son seigneur corrompu et ses gardes, dont faisait partie le mari de sœur, Machi. Prise de douleur, elle perd l’esprit et Manji prend soin d’elle en parcourant les routes du Japon. Machi se retrouve prise en otage par un groupe de bandit qui veulent récupérer la prime sur la tête de Manji. Le chef du groupe tue Machi devant les yeux de Manji qui tue en retour tous les membres de la bande. Blessé à mort durant le combat, il est soigné par une mystérieuse femme âgé de 800 ans qui lui implante des vers d’immortalité.

Cinquante-deux ans après, devenu un immortel, Manji est approché par Rin Asano (Hana Sugisaki) qui lui demande de l’aider à venger la mort de son père, tué froidement par Kagehisa Anotsu (Sōta Fukushi), le chef des Ittō-ryū.

Le film commence très fort avec le premier combat de Manji contre une centaine de bandit. Filmé entièrement en noir et blanc, et d’une violence intense, le rendu est esthétiquement impeccable et exaltant. Il rappelle les grands classiques des films de samouraï. Les nombreux combats du film sont d’ailleurs très bien chorégraphiés et dynamique.

Dès que Manji devient immortel, le film abandonne le noir et blanc pour la couleur. Cela met en valeur d’autres éléments du film tel que les décors qui sont très joliment travaillé. On se retrouve plongé dans la ville d’Edo quelques siècles dans le passé.

En ce qui concerne le scenario du film, celui commence bien, et l’histoire n’est pas désagréable à suivre, même s’il y a par moment des scènes qui ne sont pas très claire ou qui arrivent sans trop savoir pourquoi. Malgré tout, l’histoire plonge le spectateur dans la quête de vengeance de Rin et Manji.

Mais le film a un souci majeur selon moi, qui est souvent récurent dans le cinéma japonais : c’est une adaptation de manga ! Ce n’est pas la première fois que j’aborde le sujet sur ce site, mais les adaptations de manga en film ont un souci souvent dérangeant : la trop grande fidélité des personnages. En effet, ce qui passe très bien dans un manga, ne passe pas forcement bien avec des acteurs, dans le monde réel. Les poses ou les mouvements aberrants, les comportements et les réactions du héros sur-joués, les costumes aux couleurs vives et aux styles modernes qui ne correspondent pas à l’époque, les cheveux décolorés ou les coupes improbable, le grand méchant qui joue au bellâtre et qui ne possède qu’une seule expression faciale. Tous ces petits détails enlèvent grandement à la crédibilité du film et ruinent l’expérience du spectateur.

Les acteurs ne sont pas mauvais, mais pas excellent non plus. Les rôles n’aident pas vraiment non plus à mettre en valeur leur talent. On pourra néanmoins noter que les bataille au sabre sont plutôt bien réalisé, même si les héros combattent tellement d’ennemis en même temps qu’on a l’impression que les ennemis attendent un à un de venir se faire tuer. Ils attaquent chacun leur tour, en poussant un cri bien évident pour laisser savoir aux héros qu’ils vont porter un coup facile à éviter… Pas très réaliste dans un film, mais cela doit bien rendre dans manga…

Blade of the Immortal n’est pas un mauvais film, il se laisse regarder et on ne s’ennuie pas trop en le visionnant. Mais certains détails viennent un peu gâcher l’expérience. Et avec ses 2h20, cela peut être un peu décourageant. Si vous êtes curieux, vous pouvez tout de même le regarder dès à présent sur Netflix.